L'’âge d'’or de l’'espionnage

Publié le par AGT

Nous sommes plus de 15 millions d'abonnés à Internet en France ! Soit autant de personnes dont il faut connaître les habitudes pour modéliser de nouveaux marchés, lancer de nouveaux produits, dérober les données personnelles à des fins délictueuses, consulter les habitudes de surf pour détecter d’éventuels cyber-criminels, etc. Un espionnage en règle des internautes orchestré par les habituels pirates informatiques (après tout, c’est leur raison d’être), les leaders de l’Internet (qu’est ce qu’on ne ferait pas pour passer un peu de publicité...) et les pouvoirs publics (un peu plus inquiétant). Commençons par Google, le plus important moteur de recherche du Web qui ne cesse d’affiner ses critères de personnalisation tout en développant une politique de conservation des données nominatives. Craignant certaines dérives, le "groupe de l'article 29", comité consultatif d'experts sur la protection des données personnelles de l'Union européenne, estime que Google pourrait enfreindre les lois communautaires sur la protection de la vie privée. Mi-mars déjà, le moteur avait déclaré, pour calmer les esprits, qu'il allait effacer neuf ans d'enregistrement de données privées ! Par ailleurs, côté pouvoirs publics, la traque aux utilisateurs de réseaux d’échange de fichiers P2P est lancée. Le Conseil d’État vient d’autoriser, contre l’avis de la CNIL, le contrôle, à leur insu, des internautes qui mettent à disposition des fichiers musicaux sur les réseaux peer-to-peer. Cela sous-entend un fichage des adresses IP des internautes concernés et donc une atteinte à la vie privée. D’autre part, la très contreversée Loi pour la Confiance dans l'Economie Numérique (LEN), qui prévoit le filtrage, la censure et la surveillance de l'Internet, continue d’inquiéter. Un décret d'application, prévu pour le second semestre 2007, obligerait les FAI, mais aussi les éditeurs de sites Internet, à archiver durant un à trois ans et pour chaque internaute : les mots de passe, les codes d'accès confidentiels, les pseudonymes, les numéros de cartes bancaires, les contributions aux forums ou blogs ! Les Renseignements Généraux, les services de contre-espionnage, la police judiciaire et les magistrats instructeurs pourront consulter ces données librement, au nom de la lutte contre le terrorisme et le crime en général. Orwellien !

Publié dans Actualités Internet

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