Pas encore projeté, mais déjà piraté !

Publié le par AGT

Ce n’est pas un secret, piratage et cinéma ne font pas bon ménage. Et même si, selon l’adage populaire, au mois de mai on peut faire ce qu’il nous plaît, c’est très très vilain de télécharger un film piraté. C’est même la plaie de l’industrie cinématographique qui ne sait plus par quel bout juguler l’hémorragie. Chaque année se sont en effet plus de 40 % des films qui sont piratés l'année de leur sortie en salle et une proportion identique de films US sont en ligne avant même leur sortie en France. On peut bien sûr toujours le déplorer, mais désormais le téléchargement illégal de film, tenu pour légitime, est entré dans les moeurs comme nouveau mode de « consommation culturelle ». Les internautes “fraudeurs” ne semblent donc nullement sensibilisés par le manque à gagner des studios de cinéma et par le respect des droits d’auteurs. La France a donc décidé d’agir pour lutter contre le piratage et un texte de loi doit être soumis dans le courant du mois de mai au Conseil d'Etat. Il est prévu que des messages d'avertissement personnalisés soient envoyés aux pirates avant la suspension ou la résiliation pure et simple de leur abonnement à Internet en cas de récidive. Selon le collectif d'internautes La Quadrature du Net, le texte stipulerait également l’impossibilité de souscrire pendant un an un autre contrat auprès de tout opérateur. Cependant, ces dispositions répressives sont en tous points contraire à une résolution du Parlement européen adopté le mois dernier qui engage les pays membres à « éviter l'adoption de mesures allant à l'encontre des droits de l'homme, des droits civiques et des principes de proportionnalité, d'efficacité et d'effet dissuasif, telles que l'interruption de l'accès à Internet ». La ministre de la Culture, Christine Albanel aura donc fort à faire pour défendre son projet devant les parlementaires soumis à de multiples pressions de la parts des ayants-droit, des groupes industriels impliqués dans les divertissements numériques favorables au dispositif et des associations de défense des consommateurs ainsi que des internautes qui le jugent “obscurantiste” et “soviétique”. Une belle foire d’empoigne en perspective...

Publié dans Actualités Internet

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