Qui veut contrôler l’Internet ?

Publié le par AGT

igf.gifL’événement majeur en matière d’Internet ce mois-ci est sans conteste le 2e Forum sur la gouvernance de l’Internet(FGI) qui, placé sous l’égide de l’ONU, a réuni la semaine dernière à Rio de Janeiro (Brésil) des gouvernements, des compagnies, des chercheurs et des spécialistes du Net. Si le programme officiel devait faire mettre en évidence la question de la protection des mineurs contre la pédophilie sur le Net et la cybercriminalité, officieusement l’enjeu était tout autre : qui contrôlera demain l’Internet à l’échelle mondiale ?  N’en déplaisent à ceux qui souhaitent que le Net s’autogère et se régule lui même au nom d’une sacro-sainte liberté érigée en rempart contre toute forme de surveillance du réseau des réseaux, les plus hautes instances internationales vont contrôler la Toile comme le reste. Qu’il s’agisse de considérer le Net comme un outil pour la croissance économique et le développement social, comme un formidable réservoir de savoirs et de connaissances, comme la dernière place forte de la liberté d’expression ou comme un espace sans foi ni loi ou se cachent les cyberterroristes,  il est impossible que les dirigeants du monde entier ou les grandes firmes internationales, qui décident en sous mains des grandes orientations du village planétaire, laissent Internet sans surveillance. A l’heure actuelle, ce sont les Etats-Unis, via l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), qui régularisent le Net par le biais, entre autre, de l’affectation des noms de domaine (.com, etc.). Une position dominante qui n’est pas du goût de certains pays comme,  l’Iran, la Russie ou la Chine, qui préféreraient que le contrôle du Net relève de l’ONU. Ces opposants à la suprématie américaine sur l’Internet ne sont pas les mieux placés pour discuter du contrôle du Net puisqu'ils censurent le Web sur leur territoire. Si les Etats-Unis avaient pourtant prévu de donner son indépendance à l'ICANN à la fin des années 90, l'essor politique et économique de l'Internet a fait reculer le gouvernement américain qui n’entend plus céder aucun pouce de son e-pré-carré. C’est donc aux pays démocratiques que doit revenir l’idée d’un nouveau mode de gouvernance de l'Internet tout en évitant que cette évolution ne corresponde à la mise en place de “Big Brother”.

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